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Ghana : 300 millions USD de la Banque mondiale pour transformer l’enseignement secondaire

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La Banque mondiale a approuvé un financement de 300 millions de dollars, soit environ 164,5 milliards FCFA, destiné à soutenir une vaste réforme du système d'enseignement secondaire au Ghana. Ce financement, accordé via l'Association internationale de développement (IDA), filiale de la Banque mondiale dédiée au financement des pays à faible revenu, vise à accompagner la transformation structurelle de l'éducation secondaire, à travers le projet STARR-J (Ghana Secondary Education Transformation for Access, Relevance, and Results for Jobs). Ce programme ambitionne d'élargir l'accès à un enseignement secondaire plus performant, tout en renforçant l'adéquation entre formation, compétences et marché du travail.

Au cours des deux dernières décennies, le Ghana a enregistré des avancées significatives en matière d'accès à l'enseignement secondaire. La mise en œuvre de la gratuité du secondaire et de la formation technique et professionnelle (TVET) depuis 2017 a entraîné une hausse importante des effectifs scolaires.

Mais cette démocratisation rapide a mis en lumière des fragilités structurelles. Les infrastructures, les ressources humaines et la qualité pédagogique peinent à suivre le rythme de la croissance des inscriptions. Le recours à un système à double flux, impliquant des interruptions prolongées de scolarité, a également fragilisé la continuité des apprentissages et accru la pression sur les établissements. Selon les projections, les établissements publics d'enseignement secondaire pourraient faire face à un déficit de plus de 850 000 places d'ici 2040, illustrant l'ampleur du défi démographique et structurel auquel le pays est confronté.

Le projet STARR-J entend apporter une réponse globale à ces défis. Il prévoit des investissements dans la réhabilitation, la modernisation et la construction de nouvelles infrastructures scolaires afin d'augmenter les capacités d'accueil à travers le pays. Au-delà des infrastructures, le programme met l'accent sur la qualité de l'enseignement. Il vise à renforcer l'apprentissage des matières fondamentales, à développer les compétences numériques et à moderniser les curricula pour mieux répondre aux besoins du marché du travail, en particulier dans les filières techniques et professionnelles.

Le projet accordera également une attention particulière à l'inclusion, avec un soutien destiné à environ 2,2 millions d'élèves, y compris les élèves en situation de handicap, répartis dans près de 1 000 établissements publics. Les zones rurales et périurbaines défavorisées figurent parmi les priorités d'intervention.

Une réforme systémique du secteur éducatif

Au-delà des investissements physiques, le programme ambitionne de renforcer la gouvernance du système éducatif. Il prévoit des réformes sur le déploiement des enseignants, l'amélioration des systèmes de données, le suivi des performances, la communication institutionnelle et la responsabilisation des acteurs. Ces mesures visent à construire un système éducatif plus efficace, plus transparent et mieux aligné sur les besoins économiques du pays, dans un contexte où le capital humain est identifié comme un levier central de compétitivité.

En filigrane, ce programme illustre un enjeu central pour le Ghana, à savoir transformer l'expansion quantitative de l'éducation en gain qualitatif durable. Dans un pays où la jeunesse constitue une part majoritaire de la population, la capacité du système éducatif à produire des compétences employables devient un facteur déterminant de stabilité sociale et de croissance économique.

Publié le 17/06/26 12:11

Narcisse Angan

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