La Banque de Développement des États de l'Afrique Centrale (BDEAC) a formalisé, par une résolution du Conseil d'Administration du 10 juillet 2020, sa nouvelle Politique Environnementale et Sociale (PES). Ce texte s'inscrit dans la démarche entamée dès 2016, quand l'institution basée à Brazzaville s'est engagée dans un processus d'accréditation auprès du Fonds Vert pour le Climat (FVC), le principal mécanisme financier de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cette mise à niveau réglementaire conditionne l'accès de la banque sous-régionale à des guichets de financement climatique auxquels d'autres institutions africaines, comme la BAD (accréditée FVC depuis mars 2016) ou la BOAD (accréditée depuis 2017, renouvelée en 2023), ont déjà accès.
En effet, la BDEAC introduit une grille de catégorisation des projets en trois niveaux de risque, allant des projets à fort impact potentiel (Groupe 1, nécessitant une étude d'impact environnemental et social détaillée ainsi qu'un certificat de conformité) aux projets à risque faible (Groupe 3, sans exigence particulière). Pour les promoteurs gabonais et régionaux sollicitant un financement, cela signifie des due diligences renforcées, des coûts d'études à leur charge, et des conditions suspensives au décaissement liées à l'obtention de permis environnementaux. Un changement de méthode qui rapproche la BDEAC des standards des grandes institutions financières internationales, notamment les Principes de l'Équateur et les Principes pour l'Investissement Responsable.
Cette montée en gamme normative répond aussi à un enjeu de crédibilité. Une institution non conforme aux standards E&S internationaux voit mécaniquement se réduire son accès aux cofinancements avec les bailleurs multilatéraux, alors que la région Afrique Centrale, qui abrite 19% des forêts tropicales mondiales selon les données citées dans le texte de la BDEAC, dispose d'un potentiel énorme en projets d'adaptation et d'atténuation climatique. La banque affiche par ailleurs son intention de soutenir les investissements à faibles émissions de carbone et d'accompagner ses clients dans la conception de projets résilients au changement climatique.
Dans l'ensemble de l'espace CEMAC, tout promoteur désormais engagé dans un projet à forte empreinte environnementale, qu'il s'agisse de mines, d'infrastructures ou d'agro-industrie, aura tout intérêt à intégrer la catégorisation E&S dès la conception de son montage financier. Anticiper cette étape sera désormais la clé pour sécuriser un financement BDEAC dans des délais maîtrisés, plutôt que de la découvrir en cours d'instruction.
Publié le 14/07/26 16:30
La Rédaction
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CEMAC