Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze a rencontré ce 13 février à Douala, les établissements de crédit et autres investisseurs institutionnels pour leur présenter le plan de financement de l'État en 2025 sur le marché domestique de la dette. Ce plan vise à mobiliser 380 milliards FCFA de nouveaux emprunts via divers instruments de dette destinés à financer les projets de développement inscrits au budget en 2025.
Voir aussi : CEMAC : Les banques contraintes de provisionner 80% à 100% des fonds prêtés aux États
Pour réussir cette opération, le ministre des Finances a indiqué que son pays est parvenu à décrocher une pondération nulle auprès du régulateur bancaire. "Je tiens à exprimer toute ma gratitude à la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC). Par l'octroi d'une pondération nulle sur les titres publics, elle a su créer un cadre incitatif, permettant aux spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) de participer plus activement aux adjudications, d'investir davantage et de renforcer la profondeur de notre marché", a déclaré le membre du gouvernement dans son discours de circonstance.
Voir aussi : CEMAC : Le Gabon ''implore'' la COBAC d'alléger ses conditions d'emprunt auprès du système bancaire
Le taux de pondération sur les emprunts souverains est un mécanisme d'évaluation du risque mis en place par le régulateur depuis 2010. Il contraint les banques qui participent aux levées de fonds d'un État de la CEMAC à constituer un volume de fonds propres sur la base du respect par l'émetteur des critères de convergence et de surveillance multilatérale (dette publique, solde budgétaire, inflation et accumulation d'arriérés).
Sur la base des derniers éléments en sa possession, la COBAC avait, en octobre 2024 attribué un taux de 85% au Cameroun, ce qui représentait une réelle contrainte pour les banques. En attribuant une pondération nulle, la BEAC permet ainsi aux banques de prêter de l'argent à Yaoundé sans cette contrainte alors que le pays semble en infraction sur plusieurs critères.
Le régulateur n'a pas communiqué sur les raisons de ce choix. Il est néanmoins appelé à trancher sur le cas des autres pays de la région, notamment le Gabon, qui souhaite également être ramené à 0% alors que son taux de risque était au maximum (100%).
Cédrick JIONGO
Publié le 16/02/25 20:12
La Rédaction
SN
CEMAC