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L’aide mondiale au développement chute de 23,1 % en 2025 et retombe à 174 milliards USD

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L'aide publique au développement (APD) enregistre un retournement brutal en 2025. Selon des données préliminaires publiées par Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les apports des membres du Comité d'aide au développement (CAD) se sont établis à 174,3 milliards de dollars, en recul de 23,1 % sur un an.

Dans son communiqué, l'organisation précise que " l'APD des membres et associés du CAD s'est élevée à 174,3 milliards USD en 2025, soit une baisse de 23,1 % par rapport à 2024 ". Il s'agit de la plus forte contraction annuelle jamais enregistrée. Avec cette deuxième année consécutive de repli, l'aide internationale revient ainsi à son niveau du début de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

Ce retournement met fin à plusieurs années d'expansion soutenue, alimentée par les crises successives, notamment la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Entre 2019 et 2023, les volumes d'aide avaient progressé de plus de 30 %. La dynamique s'est toutefois inversée dès 2024, amorçant une phase de contraction désormais accentuée.

La baisse observée en 2025 s'explique en grande partie par le repli des principaux pays contributeurs. Les cinq premiers donateurs concentrent à eux seuls l'essentiel de la contraction. Selon l'OCDE, " l'Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France (…) représentent 95,7 % de la baisse totale de l'APD ".

Le rôle des États-Unis apparaît déterminant. À eux seuls, ils sont à l'origine des trois quarts du recul global, avec une diminution de 56,9 % de leur aide par rapport à 2024. Il s'agit, souligne l'organisation, de " la plus forte réduction en volume jamais enregistrée par un fournisseur, toutes années confondues ".

Dans ce contexte de recomposition, l'Allemagne devient, pour la première fois, le premier fournisseur mondial d'aide, avec 29,1 milliards de dollars.

Tous les canaux de financement affectés

La contraction touche l'ensemble des canaux de financement, avec une intensité particulière pour l'aide bilatérale et les contributions au système multilatéral. L'APD bilatérale recule ainsi de 26,4 %, à 126,4 milliards USD, tandis que l'APD multilatérale diminue de 12,7 %, à 47,9 milliards USD.

Au sein de l'aide bilatérale, les dons enregistrent une chute plus marquée (-29,1 %) que les prêts (-10,3 %), traduisant un resserrement des marges budgétaires des pays donateurs. Côté multilatéral, les contributions de base au système des Nations unies accusent une baisse de 27 %, soit la plus forte diminution jamais observée pour ce type de financement.

En parallèle, les flux à destination des institutions financières internationales, notamment Banque mondiale, affichent une progression, signe d'un redéploiement partiel des ressources.

Au-delà des volumes globaux, la structure même de l'aide est affectée. Les financements dédiés aux programmes, projets et à la coopération technique pour le développement reculent de 26,3 %, soit, là encore, un niveau de contraction inédit.

" Le recul important observé en 2025 signifie que les coupes ont porté au-delà des composantes de l'aide qui fluctuent habituellement ", souligne l'OCDE, mettant en évidence un ajustement plus profond des politiques d'aide.

L'aide humanitaire suit la même tendance. Elle diminue de 35,8 % pour s'établir à 15,5 milliards de dollars, après plusieurs années de hausse continue, illustrant un recentrage contraint des priorités budgétaires.

Les régions les plus dépendantes également touchées

Les régions les plus dépendantes de l'aide internationale ne sont pas épargnées par cette contraction. Les flux bilatéraux à destination des pays les moins avancés (PMA) reculent de 25,8 %, tandis que ceux vers l'Afrique subsaharienne diminuent de 26,3 %.

Dans le même temps, l'Ukraine demeure le principal bénéficiaire individuel, avec 44,9 milliards de dollars, en incluant les contributions des institutions européennes. Ce montant dépasse l'aide combinée allouée aux PMA ou à l'ensemble de l'Afrique subsaharienne, soulignant un rééquilibrage géographique des priorités.

Les perspectives à court terme restent défavorables. L'OCDE anticipe une poursuite de la contraction en 2026, dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et politiques croissantes dans les pays donateurs.

Selon l'organisation, " l'APD a reculé de 6,1 % en 2024 et de 23,1 % en 2025 (…) Les projections indiquent une nouvelle baisse de 5,8 % en 2026 ".

Après une phase d'expansion exceptionnelle liée aux crises globales, l'aide internationale semble ainsi entrer dans un cycle de repli durable, avec des implications potentiellement significatives pour le financement du développement dans les pays les plus vulnérables.

 

 

Perton Biyiha

Publié le 13/04/26 19:20

La Rédaction

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