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Le Cameroun condamné à verser 51,5 milliards FCFA à Piccini pour l’expropriation illégale du chantier du stade d’Olembé

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Le tribunal arbitral constitué sous l'égide du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), organe d'arbitrage basé à Washington et rattaché au groupe de la Banque mondiale, a tranché en faveur de l'entreprise italienne Gruppo Piccini dans le litige qui l'opposait à l'État du Cameroun autour du stade d'Olembé. Selon la sentence transmise électroniquement aux deux parties le 4 septembre 2026, le Cameroun doit verser 78,5 millions d'euros, soit environ 51,5 milliards de FCFA, majorés d'intérêts, à l'entreprise évincée du chantier en 2019.

Dans sa décision, le tribunal du CIRDI a retenu une expropriation illégale ainsi qu'un manquement au traitement juste et équitable dans la conduite du dossier par les autorités camerounaises. La compensation accordée reste toutefois largement inférieure aux prétentions initiales de Piccini, qui réclamait près de 250 milliards de FCFA. Le contrat signé avec l'entreprise italienne portait initialement sur un montant de 163 milliards de FCFA, que celle-ci considérait comme pleinement exécutable au moment de son éviction. De son côté, l'État du Cameroun a fait savoir qu'il entendait contester la sentence.

Un chantier à l'arrêt depuis 2022

Au-delà de ce contentieux arbitral, le complexe sportif d'Olembé reste marqué par l'inachèvement des travaux. Le projet visait à doter Yaoundé d'un complexe multifonctionnel de 60 000 places, comprenant également un hôtel, un centre commercial, un gymnase et une piscine olympique. L'infrastructure n'a finalement été livrée que partiellement en janvier 2022, dans l'urgence de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), tandis que sa mise en service intégrale demeure inachevée.

Depuis cette livraison partielle, le chantier est à l'arrêt, en dépit de plusieurs mises en demeure adressées à l'entreprise par le ministère des Sports. C'est ce que relève le Rapport de certification du Compte général de l'État 2024, rendu public par la Chambre des comptes de la Cour suprême. Ce document met également en lumière un autre volet du contentieux financier lié au complexe sportif.

En effet, Piccini n'est pas la seule entreprise à réclamer une indemnisation à l'État camerounais dans cette affaire. Magil Construction Corporation, société canadienne qui avait repris les travaux après le départ de Piccini, a engagé un second contentieux devant la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris, pour un montant de 17 milliards de FCFA, soit environ 25,9 millions d'euros. L'entreprise affirme avoir elle-même résilié son contrat après le blocage des financements par le ministère des Sports, alors qu'elle estime avoir respecté ses obligations contractuelles.

Le gouvernement camerounais conteste fermement cette version des faits. Il soutient notamment que Magil a déjà perçu 42 milliards de FCFA, soit un montant largement supérieur aux 22 milliards de FCFA prévus dans le contrat initial. Avant la sentence rendue par le CIRDI en faveur de Piccini, les réclamations des deux entreprises s'élevaient ainsi à 267 milliards de FCFA, selon le rapport de la Chambre des comptes.

Claude Paul Tjeg

Publié le 10/09/26 12:11

La Rédaction

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