Bien qu'il demeure en retrait parmi les grands producteurs de minerais bruts, malgré un sous-sol riche, le Cameroun entend accroître sa production minière et, surtout, renforcer la transformation locale des métaux afin d'alimenter ses exportations vers le marché africain.
Dans cette optique, le gouvernement s'apprête à amorcer une phase d'opérations de terrain destinée à évaluer les capacités réelles de production des industries locales de transformation des métaux. Selon des documents consultés par notre rédaction, l'objectif est d'identifier les volumes excédentaires susceptibles d'être orientés vers des débouchés extérieurs, notamment dans les pays voisins, à la faveur du marché offert par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cette démarche intervient dans un contexte où certaines unités industrielles, en particulier dans la sidérurgie, disposent de capacités de production qui tendent à dépasser la demande domestique.
C'est dans ce cadre qu'une délégation officielle prévoit d'effectuer, du 20 au 24 avril 2026, une série de visites au sein des principales unités industrielles de transformation des métaux à Douala. Cette mission vise à apprécier, au cas par cas, les niveaux de production, les contraintes opérationnelles ainsi que les perspectives d'écoulement à l'export. Les entreprises concernées appartiennent aux principaux membres de l'Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (OCITRAM), parmi lesquels figurent notamment les Aciéries du Cameroun, Alucam, Metafrique, Proalu et Prometal.
Au-delà de l'évaluation des capacités industrielles, cette mission doit également permettre de mieux articuler les besoins des transformateurs avec l'amont extractif. L'enjeu est double : sécuriser les approvisionnements en matières premières et optimiser la chaîne de valeur, depuis l'extraction jusqu'à l'exportation.
Cette séquence opérationnelle s'inscrit dans la mise en œuvre des prérogatives du comité stratégique institué en décembre 2025 par un arrêté du Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Placée sous son autorité, cette instance interministérielle est chargée de l'élaboration et du suivi d'un cadre de mesures visant la restructuration de la filière mines-métallurgie. À ce titre, elle a notamment pour mission de conduire des diagnostics approfondis du secteur, de proposer des mesures de structuration du marché et de renforcer la compétitivité des industries locales en vue de leur positionnement sur les marchés africains.
Parmi ses axes d'intervention figurent également la mise en place d'une chaîne d'approvisionnement fiable pour les industries de transformation, l'élaboration d'une politique nationale des métaux, ainsi que le développement de chaînes de valeur intégrées à l'échelle nationale et régionale. Dans cette perspective, l'identification des excédents exportables et leur orientation vers les marchés de la ZLECAf apparaissent comme une déclinaison concrète de ces objectifs.
Avec 54 États signataires et une population estimée entre 1,3 et 1,4 milliard d'habitants, la ZLECAf constitue en effet un levier central pour l'écoulement des productions industrielles camerounaises. À terme, cet espace économique pourrait représenter un produit intérieur brut combiné compris entre 3 000 et 7 000 milliards de dollars, avec pour ambition de stimuler le commerce intra-africain et de favoriser l'émergence de chaînes de valeur régionales.
Perton Biyiha
Publié le 16/04/26 17:23
La Rédaction
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