Le Président Kenyan William Ruto a promulgué le 11 décembre dernier une loi qui prévoit entres autres une augmentation significative du capital requis pour exercer en tant que banque commerciale dans le pays. Le texte fixe le seuil minimum de capital à de 10 milliards de KES (77 millions de dollars) soit 10 fois plus que le niveau actuel de 1 milliard de KES. Cette augmentation doit, toutefois, s'appliquer de manière progressive soit 3 milliards de KES d'ici la fin de 2025, 5 milliards de KES d'ici 2026, 7 milliards de KES d'ici 2027, 8 milliards de KES d'ici 2028 et 10 milliards de KES en 2029.
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Le relèvement du capital minimum des banques au Kenya a été annoncé depuis le début de l'année par le gouverneur de la banque centrale Kamau Thugge. L'objectif étant de faire émerger un système bancaire plus solide à même de résister à des risques financiers potentiels inattendus tels que des pertes de crédit plus élevées, des chocs liés au changement climatique ou des incidents liés à la cybersécurité. Cette décision permettra également aux banques kenyanes d'accroître leurs portefeuilles de prêts et de renforcer leurs activités à l'intérieur du pays.
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La plupart des banques auront besoin de capitaux supplémentaires pour se conformer à la nouvelle exigence. En décembre 2023, 12 banques étaient en dessous du seuil de capital imminent de 3 milliards KES fixé pour 2025, tandis que 12 autres étaient en dessous du seuil de 10 milliards KES fixé pour 2029. Cela suppose des levées de fonds en perspective, mais aussi des opérations de fusions et acquisitions pour les banques de petite taille. Le Kenya compte 38 banques en activité, mais, selon Moody's, 21 représenteront 8 % du total des actifs et seulement 2 % de la rentabilité.
"Les petites banques sont confrontées à des défis tels que des coûts de financement élevé, une faible rentabilité, des opérations moins efficaces, des services numériques plus basiques et des risques de qualité des prêts plus élevés en période de ralentissement", renseigne l'agence de notation qui anticipe déjà une réduction du nombre d'acteurs dans la perspective des nouvelles exigences.
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Les exigences plus élevées du Kenya en matière de capital pour le secteur bancaire font suite à d'autres pays africains notamment, l'Ouganda, la Tanzanie, le Nigeria, mais aussi les 8 pays de l'UEMOA qui ont annoncé des mesures similaires en vue de consolider leur système bancaire.
Cédrick JIONGO
Publié le 16/12/24 14:35
La Rédaction
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