Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit son accompagnement du Niger. Son Conseil d'administration a validé, ce 29 juillet, le 9e examen du programme de Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant la voie à un décaissement immédiat de 33 millions de dollars (24,08 millions de DTS), soit 18,34 milliards FCFA. Ce nouveau versement porte le montant total des financements accordés depuis le lancement du programme en décembre 2021 à 342 millions de dollars (252,15 millions de DTS), soit 190 milliards FCFA.
Cette décision traduit la confiance de l'institution dans l'exécution du programme économique nigérien. Le FMI souligne que tous les critères de performance quantitatifs fixés à fin décembre 2025 ont été respectés, tandis que la majorité des objectifs indicatifs et les principales réformes structurelles ont également enregistré des avancées significatives.
‘'L'économie du Niger a fait preuve de résilience en 2025 malgré un contexte difficile'', a déclaré Kenji Okamura, directeur général adjoint du FMI. Selon lui, les perspectives demeurent favorables grâce à la dynamique des secteurs minier et agricole, même si plusieurs risques continuent de peser sur l'économie, notamment les défis sécuritaires, la volatilité des cours des matières premières, le durcissement des conditions de financement, la baisse de l'aide internationale et la fermeture persistante de la frontière avec le Bénin.
L'institution financière basée à Washington estime que la hausse attendue des recettes pétrolières en 2026 offrira au gouvernement des marges de manœuvre pour réduire le déficit budgétaire tout en renforçant les dépenses consacrées à la sécurité alimentaire et à la protection sociale. Elle insiste également sur la nécessité d'accélérer la mobilisation des recettes fiscales afin de financer durablement les investissements publics.
Le FMI appelle par ailleurs les autorités à maintenir une gestion rigoureuse des finances publiques. ‘'Le maintien d'une politique prudente de gestion de la dette et de prévention des arriérés demeure primordial'', souligne Kenji Okamura, rappelant l'engagement du Niger à apurer l'ensemble de ses arriérés extérieurs d'ici à fin 2026.
Enfin, l'institution place les réformes du secteur financier et le renforcement de la gouvernance au cœur des prochaines étapes du programme. ‘'Il est essentiel de s'attaquer résolument aux vulnérabilités du secteur financier'', insiste le FMI, qui préconise un diagnostic complet du système bancaire, la restructuration de la microfinance ainsi qu'un renforcement des dispositifs de lutte contre la corruption afin de préserver la confiance des partenaires financiers et de soutenir une croissance durable portée par le secteur privé.
Publié le 30/07/26 10:11
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC