Le Document de stratégie pays 2026-2031 de la Banque africaine de développement (BAD), place les Zones Économiques Spéciales (ZES) au cœur du deuxième domaine prioritaire de son appui au Tchad, celui du soutien au secteur privé. Ces zones rassembleront, sur des périmètres géographiques délimités, des entreprises appelées à fonctionner en réseau autour de la production, de la transformation et de la commercialisation. L'ambition est de mobiliser un volume supplémentaire d'investissements directs étrangers de 150 millions de dollars d'ici 2031, tout en structurant des pôles agro-industriels autour de filières prioritaires.
Le dispositif institutionnel des ZES sera porté par une Agence d'Administration dédiée (AAZES), avec un guichet unique pour les investisseurs, une promotion ciblée des filières prioritaires et la structuration de projets d'infrastructures en partenariats public-privé. Ce chantier s'accompagne d'un effort de modernisation de l'écosystème d'affaires : digitalisation du guichet unique des investissements porté par l'Agence Nationale des Investissements et des Exportations (ANIE), interconnexion des procédures fiscales, douanières et sociales, et simplification des agréments au Code des investissements.
Les indicateurs de performance retenus donnent la mesure du chemin à parcourir. Le score du pilier III de l'indice B-Ready, qui mesure l'efficacité opérationnelle de l'environnement des affaires, devra passer de 40,22 à 46 d'ici 2031, tandis que le délai moyen de création d'entreprise, aujourd'hui non déterminé selon les données disponibles, devra être ramené à 3 jours. Le score de lutte contre la corruption de l'Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) est également ciblé, avec une progression attendue de 22,7 à 24 points.
Ce pari sur les ZES s'inscrit dans un environnement des affaires où le secteur privé formel reste dominé par un nombre réduit de grandes entreprises, essentiellement dans l'agroalimentaire, la construction et les services, coexistant avec une importante économie informelle. La Banque prévoit d'accompagner au moins 250 acteurs sur les procédures liées aux ZES et aux normes qualité, et vise l'intégration d'au moins 80 000 bénéficiaires supplémentaires dans le système financier formel ou semi-formel, pour soutenir la création ou le maintien de 200 000 emplois directs.
Idrissa Diakité
Publié le 14/07/26 16:51
La Rédaction
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