Le Togo entend franchir un nouveau cap dans la transformation de son dispositif de surveillance économique. Jeudi, le ministre de l'Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a officiellement lancé la plateforme Digital Market Intelligence (DMI), un dispositif fondé sur l'intelligence artificielle destiné à affiner le contrôle du marché et à renforcer la mobilisation des recettes publiques.
Conçu par SICPA, groupe suisse spécialisé dans les technologies de sécurité et de traçabilité, cet outil numérique s'inscrit dans le prolongement de la Solution automatisée de marquage des produits mise en place par les autorités togolaises depuis 2020.
Une inspection commerciale guidée par la donnée
La plateforme Digital Market Intelligence fonctionne comme un centre d'analyse capable d'agréger et de croiser plusieurs flux d'informations stratégiques. Elle compile les données issues du marquage fiscal des produits, le référencement des opérateurs économiques, les rapports d'inspection sur le terrain ainsi que les signalements de non-conformité.
Ce croisement automatisé permet de produire des analyses prédictives orientant l'action des agents de contrôle. Concrètement, les inspecteurs disposent désormais d'indications précises sur les zones de risque et les anomalies potentielles à vérifier.
Avec un taux de précision annoncé de 89,89%, l'outil transforme profondément la logique des inspections commerciales. Là où les contrôles reposaient auparavant sur des opérations ponctuelles ou aléatoires, l'action publique se fonde désormais sur une analyse algorithmique des comportements de marché.
‘'La plateforme DMI marque une étape importante dans l'utilisation des technologies innovantes au service de la régulation du marché et de la mobilisation des ressources publiques'', a souligné le ministre Badanam Patoki lors du lancement.
L'initiative intervient dans un contexte où la mobilisation des ressources domestiques constitue un pilier central des stratégies budgétaires africaines. Pour le Togo, l'objectif consiste à consolider une pression fiscale qui s'établissait autour de 17% du PIB en 2024, un niveau encore inférieur aux standards généralement visés par les institutions financières internationales pour soutenir durablement les dépenses publiques.
Publié le 13/03/26 19:10
La Rédaction
SN
CEMAC