Le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), une initiative du G20, a annoncé ce 26 octobre une première allocation de 14 millions de dollars pour lancer un nouveau mécanisme de financement du secteur privé. Cette initiative vise à mobiliser jusqu'à 200 millions de dollars d'investissements privés pour soutenir les petits exploitants, les coopératives et les entreprises agro-industrielles dans plusieurs pays africains à faible revenu.
Le dispositif, appelé Business Investment Financing Track (BIFT), combine les dons et financements concessionnels du GAFSP avec des ressources de banques multilatérales de développement. Son objectif est de lever des financements pour toute la chaîne agricole, depuis l'achat de semences et d'engrais jusqu'à l'accès au marché, en passant par la mécanisation et l'innovation.
Au cœur de ce mécanisme, un Mécanisme de partage des risques pour les intrants agricoles a été mis en place et est géré par la Banque africaine de développement (BAD). La BAD assure la gestion du fonds, sécurise le capital de dérisquage et facilite la collaboration avec les banques locales. Grâce à ce rôle, les banques commerciales sont encouragées à accorder des prêts aux fournisseurs d'intrants et aux petites et moyennes entreprises agricoles, tout en limitant leur exposition au risque. La tranche initiale comprend dix millions de dollars pour réduire le risque des prêts, et quatre millions de dollars sont dédiés à l'assistance technique pour soutenir la mise en œuvre.
L'accès au financement reste un défi majeur pour les petits exploitants et les start-ups agroalimentaires, souvent considérés comme trop risqués par les banques. Ce mécanisme de partage des risques change la donne en fournissant des garanties et en rendant les prêts plus sûrs et accessibles.
Les résultats attendus sont concrets puisque plus de 1,5 million de petits exploitants et 500 distributeurs ou coopératives agricoles bénéficieront de semences certifiées, d'engrais, de mécanisation et d'autres intrants adaptés aux effets du changement climatique. En renforçant l'ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, le dispositif contribue à bâtir des systèmes alimentaires plus résilients face aux chocs environnementaux et climatiques.
Cette initiative s'inscrit dans les efforts continentaux pour transformer les systèmes alimentaires africains, en cohérence avec le Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine et la Déclaration de Kampala. En facilitant l'accès au financement privé et en sécurisant les prêts, le GAFSP et la BAD donnent aux agriculteurs africains les moyens de mieux produire et de mieux nourrir le continent.
Publié le 27/10/25 11:45
La Rédaction
SN
CEMAC