Après Moody's et S&P, Fitch relègue à son tour le Ghana au bord du défaut de paiement

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Fitch Ratings a, ce 10 août, au terme d'une nouvelle évaluation des fondamentaux économiques, rétrogradé la note de crédit du Ghana qui passe de "B-" à ''CCC'', reléguant la dette du pays dans la catégorie hautement spéculative. Autrement dit, selon l'agence, le pays n'est quasiment plus en mesure de rembourser sa dette au regard de ses propres capacités financières.

Cette évaluation vient conforter celles de Moody's, en février, et de Standard & Poor's ce 5 août, qui avaient également logé le Ghana dans la même catégorie. Les protestions du gouvernement ghanéen qui n'avait pas manqué à chaque fois de dénoncer la fiabilité de ces rapports n'ont donc suffi à faire évoluer la donne.

Selon l'agence de notation, cette nouvelle dégradation de la notation d'Accra reflète la '' détérioration des finances publiques, la baisse significative de la liquidité extérieure et des réserves internationales estimées à 7,6 milliards de dollars en juin 2022, ne couvrent dorénavant que 2 mois d'importations de biens et services".

Le récent accord du Ghana avec le FMI qui pourrait-être effectif dans les 6 prochains mois devrait donner une bouffée d'oxygène à l'économie ghanéenne. Toutefois Fitch relève que le pays ne pourra encore émettre des eurobonds et que les charges d'intérêt élevées du gouvernement et les recettes structurellement faibles pourraient nécessiter ''une certaine forme de traitement de la dette'', peut-être une restructuration de la dette publique qui n'exclurait pas les investisseurs intérieurs.

Il est à relever que le service de la dette extérieure du Ghana, y compris l'amortissement et les intérêts, devrait atteindre les 2,75 milliards de dollars à fin 2022. Un montant qui devrait légèrement augmenter à 2,8 milliards de dollars en 2023. 

Voir aussi - Ghana : Le gouvernement négocie un prêt de 3 milliards $ auprès du FMI

" En 2022, nous prévoyons que le Ghana s'acquittera de ses obligations en matière de dette extérieure, en partie grâce à une combinaison d'un prêt à terme de 750 millions de dollars de la Banque africaine d'import-export, de 250 millions de dollars de prêts syndiqués de banques commerciales internationales et jusqu'à 200 millions de dollars du fonds d'amortissement du gouvernement''. Le reste devrait-être financé par le FMI et d'autres prêteurs, explique Fitch.

"Ainsi, en l'absence d'un programme approuvé d'ici la fin de l'année avec le FMI, Accra devrait puiser davantage dans ses réserves internationales et dans les fonds pétroliers et les actifs, ajoute l'agence."

Pour ce qui est de l'évolution des autres variables macroéconomiques, Fitch prévoit que le déficit budgétaire s'établirait à 8,1% du PIB en 2022, une croissance du PIB réel de 4% après 5,4% en 2021, soutenue par la production pétrolière d'environ 170 000 barils par jour sur la période .

''La croissance rebondira à 5,3 % en 2023 et la croissance à moyen terme se situera en moyenne entre 5 % et 6 %, mais la stagnation continue du secteur pétrolier, l'incapacité à mettre en œuvre l'assainissement budgétaire et / ou des chocs mondiaux supplémentaires sont des risques pour la croissance".

En ce qui concerne l'inflation, elle devrait atteindre un pic de 22 % en 2022, avant de ralentir à 16 % en 2023.

Olivia Yao

Publié le 11/08/22 09:51

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