Le Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l'Extrême-Nord (PSRDREN) affiche des chiffres qui mêlent progrès réel et incertitude persistante. Sur une enveloppe globale de 1 822 milliards FCFA, 800 milliards FCFA avaient été mobilisés à fin 2025, contre 600 milliards FCFA en février de la même année, selon les données présentées lors de la deuxième session du Comité de pilotage du programme, tenue le 31 août 2026 à Yaoundé. Il reste donc 1 022 milliards FCFA à trouver, soit plus de la moitié du financement nécessaire, pour une région confrontée simultanément à une crise sécuritaire persistante, à une pauvreté structurelle et à des aléas climatiques récurrents.
Présidée par le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, cette rencontre a permis de dresser un état des lieux du programme, lancé en 2022 à l'initiative du président de la République. Le taux de mobilisation des ressources atteint désormais environ 44 % de l'enveloppe totale. Pour répondre aux multiples fragilités de la région, le PSRDREN articule ses interventions autour de quatre axes : la reconstruction, le développement des infrastructures, l'appui aux activités socio-économiques et l'adaptation aux changements climatiques, ainsi que la gouvernance.
Des bailleurs internationaux en première ligne
Le financement du programme repose largement sur les partenaires techniques et financiers internationaux. La Banque africaine de développement figure parmi les principaux contributeurs, avec des prêts évalués à 142,2 milliards FCFA et des dons de 3,79 milliards FCFA. La Banque islamique de développement a, de son côté, accordé un prêt de 26,61 milliards FCFA. La Banque mondiale et l'Union européenne comptent également parmi les partenaires cités par le ministère de l'Économie, sans que le détail de leurs contributions respectives n'ait été précisé lors de cette session.
Sur le terrain, cet appui se traduit notamment par la construction du pont sur le fleuve Logone, financé à hauteur de 46 milliards FCFA par la Banque africaine de développement. Cet ouvrage facilite désormais les échanges commerciaux entre le Cameroun et le Tchad.
La mobilisation des financements ne garantit toutefois pas, à elle seule, une exécution rapide des projets. En 2025, le taux de contractualisation des marchés a atteint 88 %, tandis que le taux d'exécution budgétaire s'est limité à 63,8 %. Cet écart traduit un décalage entre les marchés attribués et les dépenses effectivement réalisées sur le terrain. Selon le ministre de l'Économie, l'engagement des partenaires techniques et financiers devrait contribuer à accélérer la mise en œuvre du programme.
Concrètement, l'année 2025 a vu la construction de vingt mini-adductions d'eau, de cinq centres de santé intégrés et de sept écoles primaires à kit complet, ainsi que la distribution de dix mille tables-bancs. Les travaux se sont également poursuivis sur plusieurs axes routiers de la région de l'Extrême-Nord, notamment Mora-Waza-Dabanga-Kousseri, le long de la frontière avec le Tchad ; Magada-Kaélé-Guidiguis, dans la partie sud ; Moutourwa-Maroua, qui relie le sud de la région à son chef-lieu ; et Maroua-Bogo-Guirvidig-Pouss, dans la partie centrale et orientale. À ces chantiers s'ajoutent les travaux de voirie urbaine à Maroua.
Une mission d'évaluation doit prochainement se rendre dans les six départements de l'Extrême-Nord pour confronter ces données aux réalités du terrain et évaluer l'état d'avancement effectif des projets.
Claude Paul Tjeg
Publié le 07/09/26 12:28
La Rédaction
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CEMAC