En 2024, l'État camerounais a pu récupérer 5,6 milliards FCFA issus de détournements et de fraudes financières, selon le 14ᵉ rapport sur l'état de la lutte contre la corruption dévoilé le 27 août 2025 par la Commission nationale anticorruption (CONAC). Ce montant, obtenu à travers le Tribunal criminel spécial (TCS) et la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), reste inférieur aux 8,5 milliards FCFA recouvrés en 2023, mais illustre la poursuite des efforts de restitution des fonds publics détournés.
Les sommes perçues proviennent de 19 décisions de justice rendues notamment par le TCS et la Cour suprême, qui ont condamné d'anciens responsables publics et gestionnaires de sociétés d'État pour détournement de deniers publics. En clair, lorsqu'un gestionnaire est reconnu coupable d'avoir fait perdre de l'argent à l'État, la justice le condamne non seulement à une peine de prison, mais aussi à rembourser les sommes détournées. C'est à ce niveau que la SRC intervient, en tant qu'organe spécialisé dans la récupération des créances publiques.
En 2024, la SRC a mobilisé à elle seule 5,29 milliards FCFA auprès d'anciens responsables de sociétés publiques et d'administrations, parmi lesquels le ministère des Finances, le ministère de l'Économie, la Société nationale de raffinage (SONARA), la Cameroon Radio Television (CRTV) ou encore le Port autonome de Douala. Le TCS a, de son côté, collecté environ 333 millions FCFA, selon les chiffres de la CONAC.
Selon la CONAC, le recul enregistré par rapport à 2023, où les montants récupérés avaient atteint 8,49 milliards FCFA, s'explique par la nature des affaires traitées et la complexité des procédures de restitution. Toutefois, souligne l'institution, ces montants témoignent de la volonté de l'État camerounais de ne pas laisser impunis les crimes économiques et de récupérer progressivement les fonds publics dilapidés.
Dans son rapport, la CONAC invite néanmoins les autorités à aller plus loin. Elle recommande la mise en place d'un mécanisme spécial de gestion des fonds recouvrés afin de garantir leur traçabilité et d'éviter qu'ils ne soient à nouveau absorbés par des pratiques opaques.
Perton Biyiha
Publié le 28/08/25 12:40
La Rédaction
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