La Société Immobilière du Cameroun (SIC), principal opérateur public du logement social, a terminé l'exercice 2024 sur un bénéfice net de 592,7 millions FCFA, selon le rapport certifié du cabinet Forvis Mazars Cameroun SA. Ce résultat, qui traduit le maintien de la rentabilité après plusieurs années d'équilibre fragile, intervient dans un contexte où l'entreprise a dû recourir à des découverts bancaires pour maintenir ses opérations, ses comptes ayant été gelés sur décision du ministère camerounais des Finances.
La SIC est une société à capitaux publics, dotée d'un capital social de 75 milliards FCFA. Elle est chargée de construire, gérer et entretenir les logements sociaux au Cameroun. L'entreprise occupe donc une place centrale dans la politique nationale de l'habitat, un secteur marqué par un déficit estimé à plus de deux millions de logements. Pourtant, en plus d'un demi-siècle d'existence, la SIC n'a livré qu'un peu moins de 15 000 logements, un volume très en deçà des besoins exprimés.
Ce faible rythme de construction s'explique en partie, par la politique de subvention des loyers imposée par l'État. Les appartements construits par la SIC, sont parfois loués à moins de 50 000 FCFA par mois dans plusieurs villes du pays. Cette tarification sociale, bien qu'alignée sur la mission publique de la société, limite fortement ses marges de rentabilité. La direction de la SIC plaide depuis plusieurs années pour une révision de ce modèle économique, estimant qu'il freine la modernisation du parc immobilier et l'autofinancement des projets futurs.
Voir aussi - Cameroun : La SIC annonce un complexe immobilier de 25 milliards FCFA à Douala
Malgré ce contexte quasi permanent, les données financières auditées montrent une progression du chiffre d'affaires, passé de 3,24 milliards à 3,53 milliards FCFA entre 2023 et 2024, et une nette amélioration du résultat d'exploitation, ressorti à 929,8 millions FCFA contre une perte de 685 millions l'année précédente. Cependant, la société a subi en 2024 un Avis à Tiers Détenteur (ATD) émis par le Ministère des Finances, entraînant le blocage de plusieurs comptes bancaires.
Concrètement, la SIC a enregistré une hausse de 69 % de ses " crédits de trésorerie ", passant de 121,79 millions de FCFA en 2023 à 205,44 millions de FCFA en 2024. Ces montants correspondent à des soldes créditeurs bancaires, autrement dit des dettes à court terme contractées auprès des établissements financiers.
En pratique, le gel des comptes a contraint la société à puiser dans les lignes de trésorerie autorisées par ses partenaires bancaires pour honorer ses engagements courants. Ce type de financement, souvent qualifié de crédit de trésorerie, vise à pallier un manque temporaire de liquidités. Il se distingue des crédits d'escompte, destinés au financement de factures ou effets commerciaux.
Le rapport du commissaire aux comptes précise enfin que les suspens liés à ces blocages de comptes devraient être régularisés en 2025, ce qui permettrait à la SIC de retrouver une marge de manœuvre financière plus confortable.
Perton Biyiha
Publié le 07/10/25 17:11
La Rédaction
SN
CEMAC