Le stock de créances en souffrance détenu par les banques camerounaises a atteint 869,2 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre 820,1 milliards un an plus tôt, soit une progression de 6,0%, selon le rapport sur l'économie camerounaise en 2025 présenté à Yaoundé le 25 août 2026 par le ministère de l'Économie. Les crédits bruts accordés par les établissements bancaires ont progressé beaucoup plus rapidement sur la même période. Cette évolution a permis au secteur d'améliorer son ratio de dégradation du portefeuille, malgré l'augmentation en valeur du stock de créances en souffrance.
Le ratio agrégé de dégradation du portefeuille est ainsi passé de 13,5% à fin 2024 à 12,3% à fin 2025. Autrement dit, la part des crédits qui présentent des difficultés de remboursement s'est réduite relativement à l'ensemble des concours accordés par les banques. Cette amélioration constitue un signal favorable pour la qualité globale du portefeuille bancaire, même si elle ne signifie pas une diminution du risque en valeur absolue.
Cette amélioration de la qualité du portefeuille à l'échelle du secteur masque toutefois de fortes disparités entre établissements. Plusieurs banques affichent des ratios de créances en souffrance nettement supérieurs à la moyenne nationale. La BC-PME arrive en tête avec un taux de 72,9%, suivie de la BICEC à 35,4%, d'UBA Cameroun à 23,5%, de GSC Bank à 16,6% et de SCB Cameroun à 14,6%. À l'opposé, Citibank, AGB, Bank Access, Bange Bank et CCA-Bank présentent des niveaux de créances en souffrance particulièrement faibles, voire proches de zéro.
Ces écarts traduisent des situations de risque de crédit très différentes selon les établissements et montrent que l'amélioration du ratio agrégé ne profite pas de manière uniforme à l'ensemble du système bancaire. La persistance de niveaux élevés dans certaines banques demeure ainsi un point de vigilance, notamment pour la capacité de ces établissements à recouvrer les crédits en difficulté et à préserver leurs équilibres financiers.
Le paysage bancaire camerounais a par ailleurs évolué au cours de l'exercice. En décembre 2025, la filiale locale de Standard Chartered Bank a été cédée au groupe panafricain Access Bank, ramenant à 18 le nombre d'établissements bancaires présents sur le marché à la fin de l'exercice.
Sur le plan de l'activité, le secteur bancaire a enregistré une progression soutenue de ses principaux agrégats. Les dépôts de la clientèle sont passés de 8 351,6 milliards à 9 155,9 milliards FCFA entre fin 2024 et fin 2025, soit une hausse de 9,6%. Dans le même temps, les crédits bruts ont progressé de 16,8%, passant de 6 060,2 milliards à 7 080,0 milliards FCFA.
Cette dynamique s'est également accompagnée d'un renforcement des fonds propres. Ceux-ci ont augmenté de 14,8%, passant de 925,0 milliards à 1 061,6 milliards FCFA en un an. En revanche, le total de bilan du système bancaire est resté quasiment stable, à 12 720,8 milliards FCFA à fin 2025, contre 12 736,8 milliards FCFA un an auparavant.
Claude paul Tjeg
Publié le 26/08/26 10:05
La Rédaction
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