Le marché des valeurs du Trésor de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) affiche deux évolutions contrastées en septembre 2026. Selon les statistiques mensuelles publiées par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), les échanges de titres publics déjà en circulation s'intensifient sur le marché secondaire, tandis que les nouvelles émissions des États suscitent relativement moins de souscriptions sur le marché primaire.
Sur le marché secondaire, qui permet aux investisseurs de revendre ou d'acquérir des titres publics après leur émission, les volumes enregistrent des progressions importantes entre août et septembre. Les opérations d'achat-vente passent de 3 316 milliards à 4 287 milliards de FCFA, soit une hausse de 29,3 % en un mois. Les pensions livrées interbancaires, qui permettent aux établissements financiers d'obtenir temporairement des liquidités en mettant des titres en garantie, augmentent de 34,6 %, pour atteindre 10 372,5 milliards de FCFA.
Les transferts franco de titres enregistrent la progression la plus importante, avec une hausse de 54,4 %, à 6 745,6 milliards de FCFA. Ces opérations correspondent à des transferts de propriété de titres sans mouvement de liquidités associé dans le cadre de l'opération. Elles permettent notamment de déplacer des titres entre comptes-titres ou entre investisseurs, sans qu'il y ait nécessairement une transaction financière correspondante.
Cette intensification des échanges se reflète également dans le nombre d'opérations recensées depuis le début de l'année. À fin septembre 2026, la BEAC dénombre 1 829 opérations d'achat-vente, 2 330 opérations de pension livrée interbancaire et 5 989 transferts franco de titres.
Les nouvelles émissions attirent moins de souscriptions
Cette activité soutenue sur le marché secondaire contraste avec l'évolution du marché primaire, sur lequel les États sollicitent directement les investisseurs pour financer leurs besoins budgétaires. En septembre, le taux moyen de souscription aux émissions de valeurs du Trésor recule à 70,99 %, contre 76,48 % en août, soit une baisse de 5,49 points de pourcentage. Concrètement, les montants proposés par les États attirent une proportion moins importante de souscriptions qu'un mois auparavant.
Ce repli concerne davantage les obligations du Trésor assimilables (OTA), instruments de dette à moyen et long terme, dont le taux moyen de souscription passe de 84,13 % à 77,79 %. La contraction est plus limitée pour les bons du Trésor assimilables (BTA), qui servent à couvrir les besoins de financement à court terme : leur taux de souscription diminue de 66,34 % à 65,83 %.
Toutefois, cette évolution communautaire masque des situations nationales assez disparates. Le Tchad enregistre la contraction la plus prononcée sur les OTA, avec un taux de souscription qui chute de 80,67 % en août à 37,91 % en septembre. Le Gabon connaît également un recul marqué, de 97,88 % à 71,49 %.
Au Congo, les résultats évoluent en sens opposé selon les instruments. Le taux de souscription des BTA diminue de 55,87 % à 43,88 %, tandis que celui des OTA progresse de 78,06 % à 81,32 %. Le Cameroun affiche, pour sa part, une relative stabilité sur les BTA, avec un taux de souscription de 68,48 %, contre 68,11 % en août. Les OTA camerounaises atteignent, quant à elles, un taux de souscription de 100 % en septembre, traduisant une couverture intégrale des montants recherchés.
La Guinée équatoriale se distingue également avec un taux de souscription de 106,67 % sur ses BTA. Ce niveau signifie que les investisseurs ont proposé.
Claude Paul Tjeg
Publié le 04/11/26 09:21
La Rédaction
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