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CEMAC : Quels États attirent le plus l’épargne des particuliers sur le marché de la dette publique ?

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Sur le marché régional de la dette publique de la CEMAC, le Congo concentre les placements les plus importants des particuliers, tandis que le Tchad se distingue par leur poids dans son financement. À fin juillet 2026, les personnes physiques détenaient environ 380 milliards FCFA sur les 10 560,8 milliards FCFA de valeurs du Trésor en circulation, selon les statistiques de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). Leur participation demeure modeste, à quelque 3,6 % du marché, et fortement concentrée sur ces deux États.

Le Congo arrive en tête en montant absolu, avec 149,1 milliards FCFA de titres détenus par des particuliers, soit 4,9 % de son encours de 3 040,8 milliards FCFA. Le Tchad suit avec 111,2 milliards FCFA, devant le Gabon, à 65,6 milliards, et le Cameroun, à 39,2 milliards. Ensemble, les titres congolais et tchadiens représentent ainsi environ 260,3 milliards FCFA, soit 68,5 % des placements des personnes physiques sur le marché régional.

Au Tchad, près d'un franc sur dix provient des particuliers

Rapporté à l'encours de chaque État, le classement change. Au Tchad, les particuliers détiennent 9,39 % des 1 184,2 milliards FCFA de titres en circulation, contre 4,9 % au Congo, 1,92 % au Gabon et 1,9 % au Cameroun. Autrement dit, près d'un franc sur dix de dette tchadienne en circulation sur ce marché est détenu par une personne physique.

Le Congo mobilise donc le plus gros volume de placements des particuliers, mais le Tchad leur accorde une place proportionnellement plus importante dans son financement. Une distinction essentielle : l'encours congolais est environ 2,6 fois supérieur à celui du Tchad.

Le cas tchadien se distingue également par la nature des placements. Sur les 111,19 milliards FCFA détenus par les particuliers, environ 111,02 milliards sont investis en obligations du Trésor assimilables (OTA), contre seulement 170 millions en bons du Trésor assimilables (BTA), de plus courte échéance. Leurs portefeuilles sont donc presque exclusivement constitués de titres à moyen et long terme.

Cette concentration intervient alors que les OTA tchadiennes affichaient un coût moyen de financement de 11,9 % en juillet 2026. Cet indicateur ne correspond toutefois pas nécessairement au rendement effectivement perçu par chaque investisseur. Les données disponibles ne permettent pas non plus d'attribuer au seul niveau de rémunération la présence plus importante des particuliers sur la dette tchadienne.

Un marché toujours dominé par les banques

Les personnes physiques restent néanmoins loin derrière les professionnels de la finance. Les spécialistes en valeurs du Trésor détiennent à eux seuls 6 800,5 milliards FCFA, soit 64,4 % de l'encours régional, auxquels s'ajoutent les placements des autres établissements de crédit et des investisseurs institutionnels.

La répartition des portefeuilles révèle cependant de fortes différences entre États. Le Gabon et le Cameroun, malgré l'importance de leurs encours, mobilisent nettement moins de placements auprès des particuliers que le Congo et le Tchad. Ces derniers illustrent ainsi la place que cette catégorie d'investisseurs peut occuper dans le financement souverain régional. Les montants détenus ne renseignent toutefois pas, à eux seuls, sur le nombre d'épargnants concernés ni sur la concentration de leurs placements.

Idrissa Diakité

Publié le 01/09/26 11:13

La Rédaction

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