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Eau et électricité : Libreville ouvre la distribution aux investisseurs privés

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Dans son discours à la Nation prononcé à l'occasion du 66e anniversaire de l'indépendance, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu que la situation vécue par de nombreux ménages gabonais en matière d'eau et d'électricité n'est pas acceptable. Le chef de l'État a évoqué les coupures récurrentes et leur coût pour l'économie et le quotidien des familles, des commerçants et des entreprises, sans toutefois avancer de chiffres sur l'ampleur des pertes ou le taux de couverture actuel des réseaux.

Le président a désigné le transport et la distribution comme la priorité désormais affichée par les autorités, plutôt que la seule production. Cette inflexion suggère un diagnostic déjà connu des acteurs du secteur : les capacités de génération existent ou sont en cours de renforcement, mais les réseaux demeurent, selon ses propres mots, fragiles, saturés ou mal entretenus. Le signal le plus concret adressé aux milieux d'affaires reste l'appel explicite lancé aux investisseurs et partenaires à se positionner sur le marché du transport et de la distribution de l'eau et de l'électricité. Le chef de l'État a précisé que ce secteur reste ouvert aux acteurs sérieux, capables d'investir, d'innover et de respecter les obligations de service public, formulation qui laisse entendre un possible élargissement du cadre concessionnaire au-delà de l'opérateur historique.

Le discours ne précise ni le véhicule juridique envisagé, ni le calendrier, ni les segments de réseau concernés. Pour les acteurs économiques et les investisseurs potentiels, plusieurs questions restent cependant en suspens : un appel d'offres est-il en préparation, quel rôle pour la Société d'énergie et d'eau du Gabon, dont la scission est d'ores et déjà annoncée, dans ce nouveau schéma, et quelles garanties de rentabilité pourraient être proposées pour attirer des capitaux privés dans un secteur jugé socialement sensible.

Le président a par ailleurs pointé du doigt le non-paiement des factures, le sabotage et la nonchalance comme des comportements inciviques qui fragilisent le service public. Cette mise en cause de la responsabilité des usagers, en miroir de l'appel aux investisseurs, dessine les contours d'un secteur où les autorités semblent vouloir combiner ouverture au capital privé et durcissement du recouvrement, deux chantiers dont l'articulation reste à documenter.

 

Publié le 17/08/26 11:27

La Rédaction

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