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Eramet-Gabon : Où en est l'entrée gabonaise au capital annoncée en mai ?

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Deux mois après avoir été présentée comme une avancée significative, l'entrée de l'État gabonais au capital d'Eramet n'a pour le moment, fait l'objet d'aucune confirmation officielle. L'annonce, faite en marge du sommet Africa Forward à Nairobi le 11 mai 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et la présidente-directrice générale d'Eramet Christel Bories, avait été présentée côté gabonais comme une étape décisive vers la " souveraineté minière ". Côté français, la prudence était déjà de mise. Le groupe avait en effet, " pris acte " de l'intention de Libreville, sans engagement chiffré ni calendrier.

Le véhicule envisagé est l'augmentation de capital de 500 millions d'euros (environ 328 milliards FCFA) approuvée par l'assemblée générale d'Eramet le 27 mai 2026, avec maintien du droit préférentiel de souscription pour les actionnaires historiques. L'État gabonais, déjà présent à hauteur de 28,9 % dans Comilog via la Société Équatoriale des Mines, pourrait y participer par acquisition de droits préférentiels de souscription. Le coût d'une telle opération reste toutefois substantiel au regard des capacités budgétaires du pays : souscrire à 10 % de l'augmentation de capital nécessiterait environ 50 millions d'euros, soit près de 33 milliards FCFA, et 20 % porteraient la facture à environ 100 millions d'euros, soit plus de 65 milliards FCFA.

La visite d'État du président gabonais à Paris, du 20 au 23 juillet 2026, offrait une occasion naturelle de préciser les contours de cette opération. Le bilan économique de la visite s'est pourtant concentré sur deux dossiers distincts : un accord de financement de 312 millions d'euros entre Proparco, l'IFC et la Setrag pour la modernisation du Transgabonais, et un protocole d'accord signé le 20 juillet à l'Élysée sur la transformation locale du manganèse, avec un objectif de 700 000 tonnes transformées par an d'ici fin 2031. La question de la participation gabonaise au capital de la maison mère française n'a été mentionnée dans aucun des bilans officiels de la séquence parisienne.

Le communiqué de résultats semestriels d'Eramet, publié ce 29 juillet 2026, n'apporte pas davantage de clarté. Le groupe y confirme que l'augmentation de capital de 500 millions d'euros reste prévue au quatrième trimestre 2026 et précise avoir " reçu plusieurs marques d'intérêt d'investisseurs souhaitant participer à l'opération ", des marques qualifiées de " non engageantes ", sans qu'aucun nom ne soit cité. Le Gabon, dont l'intention avait pourtant été rendue publique deux mois plus tôt, n'y est pas mentionné.

Cette opération intervient dans un contexte financier rigide pour Eramet avec notamment une perte nette part du Groupe qui s'est creusée à 195 millions d'euros au premier semestre, contre 152 millions d'euros un an plus tôt. Pour les autorités gabonaises, l'enjeu dépasse la seule symbolique : une entrée au capital donnerait accès aux assemblées générales et aux orientations stratégiques du groupe qui pèsent directement sur l'avenir industriel du manganèse gabonais. Reste à savoir si l'intention affichée en mai se traduira, d'ici la clôture de l'opération au quatrième trimestre, par une souscription effective, ou si elle restera un signal politique sans suite financière.

Publié le 31/07/26 12:24

La Rédaction

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