Le gouvernement gabonais va contracter un nouvel emprunt de 56,6 millions d'euros, soit environ 37,1 milliards FCFA, auprès de la Deutsche Bank. Ce financement, inscrit à l'article 81 de la loi de finances rectificative 2026, est destiné aux travaux de production et de distribution d'eau dans le Grand Libreville et les zones urbaines du pays. Le texte prévoit en effet, une affectation stricte des fonds, exclusivement réservés aux opérations prévues, sans possibilité de réorientation vers d'autres dépenses publiques.
Leur exécution devra respecter les crédits ouverts par la loi ainsi que les procédures applicables aux dépenses financées par emprunt. Cette rigueur budgétaire affichée intervient dans un contexte où les autorités cherchent à rassurer sur la gestion des ressources empruntées. L'emprunt s'ajoute à un ensemble de financements extérieurs mobilisés ces derniers mois par le Gabon, alors que le pays poursuit sa stratégie de diversification de ses sources de financement : mandat confié à Société Générale pour une opération sur les marchés obligataires internationaux, mécanisme de prépaiement avec Trafigura, et discussions en cours autour d'un programme avec le FMI.
La présente diversification de partencaires financiers, intervient alors que Moody's a récemment révisé la perspective du Gabon en négatif (Caa2), et que Fitch maintient sa notation à CCC-, deux signaux qui renchérissent mécaniquement le coût d'accès aux marchés de capitaux pour Libreville. Le recours à un prêt bilatéral comme celui de la Deutsche Bank, plutôt qu'à une émission obligataire, peut ainsi s'expliquer par des conditions de financement plus favorables dans l'environnement de notation actuel.
Ce nouvel engagement pose néanmoins la question de la trajectoire globale de la dette publique estimée à plus de 8 780 milliards FCFA, à suivre de près dans la perspective d'un éventuel programme avec le FMI et du calendrier de refinancement de l'eurobond. La multiplication des financements bilatéraux ciblés, s'ils permettent de répondre à des besoins d'infrastructures urgents, alimente aussi un stock de dette dont la soutenabilité reste sous surveillance des agences de notation.
Idrissa Diakité
Publié le 31/07/26 07:33
La Rédaction
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