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Gabon : Deux échéances de diversification fixées à 2027 et 2029 sous conditions

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Le rapport annuel 2025 des Nations unies au Gabon établit que les exportations du pays restent concentrées sur un nombre limité de produits primaires à savoir : hydrocarbures, bois et minerais, représentant plus de 90% des recettes en devises. À l'inverse, les importations demeurent dominées par les biens alimentaires et manufacturés, une structure commerciale que le document qualifie de frein à la transformation structurelle de l'économie gabonaise.

Deux échéances réglementaires précises sont mentionnées dans le rapport pour infléchir cette trajectoire. La première concerne l'interdiction programmée des exportations de manganèse non transformé, fixée à l'horizon 2029, une mesure destinée à capter davantage de valeur ajoutée localement sur une filière dont le Gabon est l'un des principaux producteurs mondiaux. La seconde vise la substitution progressive des importations de poulets de chair d'ici 2027, un objectif de souveraineté alimentaire sur un segment aujourd'hui largement approvisionné depuis l'étranger.

Le rapport précise toutefois que l'efficacité de ces deux réformes dépendra de trois facteurs cumulatifs : le séquençage des réformes, la cohérence des cadres réglementaires, et la capacité de mise en œuvre, le tout dans un contexte explicitement qualifié de " contraintes budgétaires accrues ". Cette réserve méthodologique, formulée par une institution multilatérale accompagnant le pays, mérite d'être prise au sérieux dans l'évaluation de la crédibilité de ces échéances.

Sur le terrain, le document révèle par ailleurs un début de structuration côté filières animales et halieutiques : 138 acteurs de la filière aquacole accompagnés dans les provinces de l'Estuaire, du Haut-Ogooué et du Woleu-Ntem, sur un total de 423 exploitants actifs recensés au niveau national, dont seuls 22,7% ont moins de 35 ans. Le rapport relève par ailleurs que 25 000 tonnes de poisson sont importées chaque année pour une consommation nationale de 35 kg par habitant, illustrant l'ampleur du chemin restant à parcourir, y compris sur des filières déjà accompagnées.

Publié le 11/08/26 16:32

Narcisse Angan

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