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Gabon : Fitch Ratings juge le budget rectifié gabonais plus crédible, mais l'exécution réelle reste en deçà des prévisions

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Dans une note publiée le 10 août, Fitch Ratings reconnaît un net effort de sincérisation budgétaire dans la loi de finances rectificative 2026, promulguée le 17 juillet. L'agence souligne que les recettes prévisionnelles ont été révisées à la baisse de 23%, se rapprochant ainsi des moyennes historiques, tandis que les dépenses d'investissement ont été réduites de 45% par rapport aux hypothèses initiales, jugées irréalistes. Ces ajustements interviennent sous la conduite du ministre de l'Economie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, en fonction depuis janvier, et contribuent selon Fitch à renforcer la crédibilité des finances publiques gabonaises.

Le déficit budgétaire prévisionnel n'en demeure pas moins élevé. Il s'établirait à 6,7% du PIB projeté par Fitch, contre 6% dans la loi de finances initiale, porté par des dépenses d'investissement qui représentent encore 8,5% du PIB. Ce niveau reste inférieur aux 11% enregistrés en 2025, mais nettement supérieur à la moyenne de 2,7% observée entre 2020 et 2024, illustrant la persistance d'un effort d'investissement public soutenu malgré les révisions à la baisse.

C'est sur le terrain de l'exécution que Fitch introduit un élément de nuance significatif. Les données provisoires du premier semestre 2026 font état d'un taux d'exécution des dépenses d'investissement de seulement 23% par rapport à l'objectif budgétaire révisé. Cette sous-exécution a contenu le déficit à 3% du PIB sur la période, laissant entrevoir, selon l'agence, un résultat annuel potentiellement inférieur à celui inscrit dans le budget rectifié. L'écart entre les crédits votés et les crédits effectivement décaissés interroge ainsi la capacité opérationnelle de l'administration à absorber les enveloppes d'investissement, au-delà de la seule sincérité des hypothèses macroéconomiques.

Ce décalage entre prévision et réalisation s'observe également dans la structure de financement du budget rectifié. Fitch relève un recours accru aux emprunts commerciaux extérieurs, avec un prêt Trafigura d'1 milliard de dollars et 1,5 milliard de dollars d'émissions d'euro-obligations prévues, tandis que les décaissements attendus du secteur public ont été réduits de 96%. Le placement privé de 920 millions de dollars finalisé en juillet, assorti d'un rendement d'environ 12,6%, illustre le coût de ce basculement vers des sources de financement plus onéreuses.

Pour Fitch, l'amélioration de la crédibilité budgétaire ne suffit donc pas à lever les obstacles à la conclusion d'un nouveau programme avec le FMI. L'agence rappelle que l'audit de la dette publique, dont l'achèvement était prévu en juillet par le ministère des Finances, sera déterminant pour fixer le niveau réel de l'endettement, actuellement estimé à 81,1% du PIB en 2025, arriérés inclus. Ce document conditionnera à la fois toute analyse de soutenabilité de la dette et l'avancée des négociations avec l'institution de Washington.

Idrissa Diakité

Publié le 18/08/26 11:27

La Rédaction

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