Face aux tensions persistantes sur les marchés pétroliers mondiaux, alimentées par la situation géopolitique au Moyen-Orient, les autorités congolaises ont décidé d'accorder des facilités ciblées aux importateurs afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement sur le marché intérieur. Dans un communiqué conjoint daté du 23 mars 2026, le ministère de l'Économie nationale et celui des Hydrocarbures annoncent la mise en place de mesures exceptionnelles visant à alléger certains coûts liés à l'importation et au transport des produits pétroliers, afin de faciliter leur approvisionnement sur le marché national. Il s'agit notamment du " renforcement du mécanisme des avances aux sociétés pétrolières, en vue de soutenir leur trésorerie et de garantir la continuité des opérations d'importation ; la levée de tous les obstacles au dédouanement accéléré des produits pétroliers ".
Pour les autorités congolaises, il s'agit de limiter l'impact de cette conjoncture externe sur le marché domestique, en agissant simultanément sur les coûts, les délais et la capacité de financement des opérateurs. L'accent mis sur les avances de trésorerie traduit notamment la volonté de compenser les tensions de liquidité auxquelles font face les importateurs dans un environnement de prix élevés.
Dans le même temps, le gouvernement s'emploie à contenir les inquiétudes liées à une éventuelle pénurie. Le communiqué insiste sur la disponibilité des stocks et sur la mobilisation des entreprises du secteur pour maintenir un niveau de distribution élevé sur l'ensemble du territoire. " Il n'existe pas de pénurie de carburant et des stocks de produits pétroliers sont disponibles et suffisant pour approvisionner l'ensemble du territoire national ", assurent les deux ministères, précisant que les sociétés ont été instruites " de renforcer le rythme des livraisons, de jour comme de nuit ".
Dans les faits, ces annonces traduisent un infléchissement temporaire de la ligne budgétaire adoptée en 2025. Jusqu'ici, le gouvernement avait engagé une réforme visant à réduire drastiquement les dépenses fiscales dans le secteur pétrolier. Cette orientation s'était matérialisée par la suppression des exonérations et des facilités de paiement accordées aux importateurs, en particulier ceux opérant pour les grands groupes industriels et miniers. Cette réforme a conduit à une forte hausse (1700%) des revenus fiscaux liés aux produits pétroliers en 2025, selon les données officielles de la Direction générale des douanes et accises.
Perton Biyiha
Publié le 25/03/26 08:54
La Rédaction
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