Près de trois mois après la signature de l'accord de cession conclu le 19 novembre dernier, le Cameroun a soldé au courant de ce mois de février le montant arrêté d'un commun accord avec le fonds britannique Actis pour la reprise de ses parts dans Eneo, le concessionnaire du service public de l'électricité.
Selon des informations recoupées auprès de sources officielles, le Trésor public a versé 78 milliards de FCFA correspondant aux 51 % du capital détenus par l'investisseur britannique. Le paiement est intervenu quelques jours avant l'échéance contractuelle fixée à la mi-février.
L'opération met un terme à plus de deux années de discussions engagées entre Yaoundé et Actis, présent au capital du concessionnaire de la distribution d'électricité depuis 2014. L'État détient desormais 95 % du capital, les 5 % restants demeurant entre les mains des employés.
L'accord de sortie d'Actis avait été formalisé à Yaoundé en présence du ministre des Finances Louis Paul Motaze et du ministre de l'Eau et de l'Énergie Gaston Eloundou Essomba. Les autorités avaient alors assuré que la transition n'affecterait ni les contrats de travail ni les droits du personnel. " Il n'y aura pas de remise en cause des acquis sociaux ", avait déclaré un membre du gouvernement au moment de la signature.
Depuis, un comité interministériel pilote la transition. La nouvelle architecture managériale n'a pas encore été rendue publique, mais le ministère de l'Énergie a détaillé devant des chefs d'entreprise réunis à Douala un programme d'actions à court terme destiné à stabiliser les comptes.
Eneo supporte un endettement jugé contraignant et des pertes commerciales estimées à plusieurs dizaines de milliards de FCFA par an. Le plan gouvernemental prévoit des discussions avec les banques locales pour transformer les concours actuels en financements amortissables sur des maturités plus longues, une réduction des coûts d'exploitation et un effort accru de recouvrement auprès des entités publiques.
Le gouvernement table également sur le raccordement de nouveaux industriels afin d'augmenter la demande solvable et d'améliorer la trésorerie du concessionnaire. À l'horizon 2027, le ministère évoque des recettes additionnelles mensuelles cumulées et une baisse significative des charges susceptibles de résorber un déficit structurel estimé à plus de 13 milliards de FCFA.
Perton Biyiha
Publié le 26/02/26 16:33
La Rédaction
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