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Le Gabon cherche activement des industriels pour absorber près de 3 millions de tonnes de manganèse

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Le Gabon a fixé un objectif national de transformation locale de 4 millions de tonnes de manganèse par an, un chiffre que le ministre de l'Industrie et de la Transformation locale, Lubin Ntoutoume, vient de détailler au détour d'un entretien dans le quotidien national. Sur ce total, Eramet Comilog absorbe 700 000 tonnes selon le protocole signé le 20 juillet 2026 à Paris, et Nouvelle Gabon Mining environ 300 000 tonnes. L'essentiel du volume, soit près de 3 millions de tonnes, reste à répartir entre des industriels tiers dont l'identité n'a pas encore été rendue publique.

Ce déséquilibre volumétrique traduit un choix de politique industrielle assumé par Libreville. Plutôt que de laisser la capacité de transformation nationale plafonnée par la seule capacité d'investissement des groupes miniers historiques, l'État a obtenu que ces derniers acceptent de vendre du minerai à des acteurs extérieurs à la chaîne d'extraction. Le principe posé est celui de l'équité entre opérateurs, avec les mêmes obligations, la même échéance de janvier 2029 et les mêmes conditions d'accès au foncier, à l'énergie et au transport pour tous.

Le volume résiduel constitue le véritable signal d'un dossier aux multiples rebondissements. Il représente un appel d'air pour des industriels de la métallurgie, de la chimie du manganèse ou, à terme, des matériaux de cathode destinés aux batteries de véhicules électriques, des segments jamais développés sur le sol gabonais. Le calendrier énergétique reste toutefois la variable déterminante, puisque l'accès à l'électricité conditionne la mise en service de toute nouvelle unité industrielle.

Le gouvernement met en avant des garanties déjà obtenues auprès de plusieurs industriels internationaux, sans en préciser ni le nombre ni les montants engagés. Cette communication, si elle traduit un intérêt réel pour la filière, ne permet pas encore d'évaluer la solidité financière des projets annoncés ni leur calendrier effectif de réalisation. La prudence reste de mise tant que des accords formels ne sont pas publiés. La capacité du Gabon à transformer cette ouverture réglementaire en investissements concrets déterminera si l'objectif de 4 millions de tonnes relève d'une trajectoire crédible ou d'un objectif politique difficile à matérialiser dans les délais fixés par le décret d'interdiction des exportations brutes.

Idrissa Diakité

Publié le 01/08/26 09:03

La Rédaction

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