La semaine 25 restera dans les annales comme celle de la signature d'un accord de paix entre Washington et Téhéran, aussi fragile soit-il. La conséquence immédiate a été une chute brutale du Brent sous les 80 dollars, son plus bas niveau depuis mars. Mais les marchés agricoles ont vécu leur propre histoire : le cacao a rebondi de près de 15 % sur le mois, porté par El Niño et les premières alertes sur la récolte 2026/27, tandis que le café a oscillé entre plus bas historiques et rebonds techniques, sous l'effet conjugué d'une récolte brésilienne record et de pluies perturbant les opérations de ramassage.
Pétrole : la paix à Hormuz fait plonger le Brent sous les 80 dollars
La semaine a été dominée par un événement majeur : dimanche, Washington et Téhéran ont conclu un accord provisoire étendant le cessez-le-feu de 60 jours et rouvrant le détroit d'Ormuz à l'ensemble du trafic maritime. Le président Trump a confirmé la signature du cadre de paix à son arrivée au sommet du G7, et le Brent a chuté de 5 % mardi pour clôturer à 78,96 dollars le baril, franchissant pour la première fois depuis mars le seuil des 80 dollars à la baisse. Le WTI a suivi, perdant 5,8 % à 76,05 dollars.
La nouvelle déterminante est venue du Wall Street Journal : le soulagement des sanctions pétrolières sur l'Iran prendrait effet immédiatement après la signature de l'accord. Jeudi, un regain de tension est apparu lorsque le vice-président JD Vance a averti Israël contre de nouvelles attaques sur le Hezbollah au Liban, soulevant des doutes sur la solidité du cessez-le-feu, faisant rebondir le Brent à 79,85 dollars. Vendredi, la situation s'est à nouveau compliquée : les pourparlers prévus à Bürgenstock ont été abruptement reportés, poussant le Brent à clôturer la semaine à 80,57 dollars, les marchés réévaluant le risque résiduel. Goldman Sachs estime que les exportations du Golfe pourraient se normaliser à leurs niveaux d'avant-guerre d'ici fin juillet, avec une récupération complète de la production d'ici octobre.
Cacao : rebond de 14 % sur le mois, El Niño comme moteur
Le cacao a été la grande surprise de la période. Les cours ont atteint 4 338 dollars la tonne le 17 juin, leur plus haut niveau depuis mai, avec une progression de 14,1 % sur les quatre dernières semaines, avant de se stabiliser autour de 4 254 dollars en fin de semaine. Le moteur principal reste le risque El Niño : les traders se concentrent sur les risques croissants d'El Niño pour les prochaines récoltes, les premières indications suggérant que la récolte principale 2026/27 en Afrique de l'Ouest pourrait être significativement en dessous de la saison actuelle.
L'ICCO a revu à la baisse son estimation d'excédent 2024/25 de 75 000 à 48 000 tonnes, et StoneX a réduit ses projections de surplus 2026/27 à 149 000 tonnes contre 267 000 tonnes en janvier. Du côté baissier, les stocks ICE ont continué de grimper, atteignant 2 923 471 sacs, et les arrivages ivoiriens restent bien orientés pour la saison en cours. La semaine s'est terminée sur une note mitigée, le marché digérant la tension entre abondance immédiate et risque structurel à l'horizon.
Café : plus bas de 19 mois puis rebond, les pluies brésiliennes redistribuent les cartes
Le café a vécu une semaine en montagnes russes. L'arabica a clôturé vendredi à 265,82 cents la livre, en recul de 16,6 % sur un an, après être tombé en début de semaine à son plus bas depuis 19 mois. En cause, les prévisions record : le USDA a projeté une récolte brésilienne 2026/27 à 71,9 millions de sacs, en hausse de 14 % sur un an, tandis que Rabobank a relevé son estimation d'excédent mondial d'arabica à 9,5 millions de sacs.
Mais les pluies ont changé la donne en cours de semaine. Des précipitations persistantes dans les régions productrices clés ont suscité des inquiétudes sur la qualité des grains et les retards d'approvisionnement, les agriculteurs locaux signalant que l'humidité excessive entrave la récolte et le séchage des grains, particulièrement dans le Minas Gerais et São Paulo, permettant à l'arabica de remonter jusqu'à 2,78 dollars la livre en milieu de semaine. En toile de fond, les stocks ICE d'arabica certifiés ont chuté à 396 171 sacs, bien en dessous des 859 389 sacs de l'année précédente, offrant un soutien structurel aux cours malgré l'abondance prévue.
Sucre : dollar fort et pétrole en baisse, la double pression
Le sucre a subi une semaine difficile, le contrat juillet NY #11 évoluant autour de 13,8 cents la livre. Il a cédé 1,88 % jeudi et le contrat londonien août a reculé de 1,53 %, sous l'effet combiné d'un dollar plus fort et d'un pétrole en forte baisse. Cette dernière réduit mécaniquement l'attrait de l'éthanol au Brésil, orientant davantage de production vers le sucre et alourdissant les perspectives d'offre mondiale. Le marché reste sans catalyseur haussier, évoluant au gré des mouvements de change et d'énergie.
Coton : rebond technique après des semaines de pertes
Le coton a offert un tableau plus nuancé cette semaine, le contrat décembre évoluant autour de 68 cents la livre. Le contrat juillet affichait une progression de 311 points en cours de semaine, bénéficiant d'un rebond technique après des semaines de correction. Toutefois, les fondamentaux restent peu porteurs : un dollar globalement ferme et des incertitudes sur la demande textile mondiale limitent la portée de ce rebond. Les opérateurs surveillent les données de plantation aux États-Unis et les signaux de demande en provenance d'Asie pour confirmer ou infirmer toute inversion de tendance.
Huile de palme et caoutchouc : la paix à Hormuz redessine les équilibres
L'huile de palme, qui évoluait autour de 3 900 ringgits la tonne en début de semaine, a subi la conséquence directe de la décompression géopolitique : la chute du pétrole réduit la prime biodiesel, retirant l'un des principaux soutiens aux cours. Les exportations malaisiennes restent en dessous des attentes saisonnières, et la demande indienne peine à retrouver des niveaux normaux. Le caoutchouc naturel reste dans l'attentisme, bien que la perspective d'une normalisation du trafic maritime à travers Hormuz soit de nature à fluidifier les échanges et à peser sur les primes de transport.
Publié le 22/06/26 12:43
La Rédaction
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CEMAC