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Tchad : Une réforme douanière radicale pour assainir les finances

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Une circulaire signée le 1er septembre 2025 par le ministre des Finances, Tahir Hamid Ngullin, détaille une série de mesures visant à éradiquer la fraude, sécuriser les recettes fiscales et moderniser intégralement la chaîne de dédouanement.

Le document consulté par Sika Finance dans son intégralité, cible explicitement les " manquements graves aux règles de traçabilité " et les " dysfonctionnements dans la chaîne des opérations douanières ". Pour y remédier, les autorités misent sur une digitalisation forcée et un contrôle accru de l'accès au système douanier SYDONIA World, pilier de toutes les opérations.

L'une des mesures phares est l'interdiction totale et immédiate des encaissements en numéraire pour tous les droits et taxes douaniers. Désormais, seuls les télépaiements, virements bancaires ou transactions via mobile money agréé seront acceptés. Cette mesure radicale vise à couper court aux pratiques de détournement et aux caisses parallèles, un mal endémique qui grève les recettes de l'État.

Dans le même temps, l'accès au système SYDONIA World est strictement verrouillé. Il est réservé aux seuls agents des douanes régulièrement recrutés et dûment affectés. La création ou modification de tout compte utilisateur devra passer par une " double validation " des directions de l'informatique des Douanes et du ministère des finances, rendant toute création de compte fantôme quasiment impossible.

Le gouvernement renforce également drastiquement les exigences pour les opérateurs économiques. Tout importateur ou transitaire doit disposer d'un Numéro d'identification fiscale (NIF) valide, vérifiable en ligne via l'interface e-Tax de la DGI. À compter du 1er janvier 2026, la facturation électronique deviendra également obligatoire pour les transitaires et les commissionnaires en douane. Toute opération initiée sans NIF valide sera automatiquement bloquée par le système.

Le dispositif répressif est particulièrement dissuasif. Pour un déclarant (agent de douane, transitaire), l'enregistrement d'une déclaration avec un NIF invalide ou absent entraîne, dès la première occurrence, une suspension d'accès de 15 jours. La troisième entraîne la révocation pure et simple de l'agrément. Les fonctionnaires des douanes complices s'exposent à des suspensions de 30 jours, un passage en conseil de discipline et, en cas de récidive, à un retrait des fonctions sensibles.

Enfin, la circulaire impose un contrôle de gestion renforcé. Rapprochements quotidiens des encaissements, audits mensuels ciblés par les inspections et rapports réguliers remontant jusqu'au ministre. Les bureaux de douane non conformes, notamment ceux non bancarisés ou sans terminal de paiement électronique, pourront être purement et simplement suspendus.

Cette réforme s'inscrit dans un climat de forte tension après les révélations, le 28 août 2025, de l'Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), une institution créée pour investiguer sur les malversations financières et promouvoir la transparence dans la gestion des fonds publics. L'AILC a exposé des détournements massifs impliquant des responsables du Bureau national du fret terrestre (BNFT), avec un manquant de 7,45 milliards de F CFA rien que pour son agence de Douala au Cameroun. D'autres détournements substantiels ont été documentés à Ngaoundéré (589 millions de F CFA), Faya (129 millions) et Massakori (644 millions).

Perton Biyiha

Publié le 03/09/25 12:56

La Rédaction

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