Le marché du travail dans l'UEMOA montre des signes d'amélioration, mais la dynamique reste contrastée et met en évidence des déséquilibres encore bien ancrés. Les données issues des enquêtes auprès des ménages réalisées par la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dans les principales villes de l'Union font apparaître une progression modérée de l'emploi, accompagnée d'un recul du chômage, mais aussi de fortes disparités selon le genre et l'âge.
Au 4e trimestre 2025, le taux d'occupation, qui correspond à la part des personnes en âge de travailler ayant un emploi, a atteint 53,7%, contre 53,3% au trimestre précédent. Une hausse modeste, qui traduit malgré tout une amélioration de la capacité des économies urbaines à absorber la main-d'œuvre.
Dans le même temps, le taux de chômage s'est établi à 10,6%, en baisse de 0,7 point sur le trimestre et de 1 point sur un an. Le mouvement est encourageant, même s'il reste fragile dans un contexte encore marqué par des tensions économiques et une inflation persistante.
Des écarts toujours marqués entre hommes et femmes
Derrière cette évolution globale plutôt favorable, les différences restent importantes. Le chômage demeure nettement plus élevé chez les femmes, à 15,5%, un niveau quasiment inchangé sur le trimestre. À l'inverse, la situation s'améliore davantage pour les hommes, avec un taux ramené à 6%.
Cet écart reflète des difficultés bien connues : un accès plus limité des femmes à l'emploi formel, mais aussi à la formation, au financement et aux opportunités économiques.
Les jeunes toujours en difficulté
L'évolution du chômage varie également selon l'âge. Chez les adultes, la tendance est à l'amélioration. Le chômage recule notamment chez les 35 à 64 ans, avec une baisse de 1,2 point à 6,5%, en rythme trimestriel, et plus légèrement chez les 25 à 34 ans à 17,1%.
La situation est en revanche plus préoccupante pour les jeunes de 15 à 24 ans, dont le taux de chômage augmente de 2,5 points à 21%. Cette hausse rappelle à quel point l'accès au premier emploi reste difficile, dans des économies où la création d'emplois formels ne suit pas le rythme de la croissance démographique.
Une amélioration à consolider
Même si les indicateurs sont globalement mieux orientés, le marché du travail dans l'Union reste confronté à des défis de fond. Le poids de l'informel, la qualité souvent précaire des emplois et les inégalités d'accès au marché du travail continuent de limiter une inclusion économique plus large.
Dans ce contexte, la croissance devra s'accompagner d'actions ciblées, notamment en faveur de l'emploi des jeunes et de l'autonomisation des femmes. Car au-delà des chiffres, l'enjeu reste le même : transformer la croissance économique en emplois durables, accessibles au plus grand nombre.
Publié le 24/03/26 15:21
Dr Ange Ponou
SN
CEMAC