La mobilisation du secteur privé s'impose comme la clé de voûte du nouveau cycle de croissance en Côte d'Ivoire. En visite officielle à Abidjan du 22 au 25 mars, Makhtar Diop, directeur général de International Finance Corporation (IFC), vient réaffirmer l'engagement du Groupe de la Banque mondiale à soutenir la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2026-2030, dont l'architecture repose massivement sur l'investissement privé.
Au cœur des échanges avec les autorités, les entreprises et les partenaires techniques : le financement des secteurs structurants (énergie, santé, logement, agro-industrie, marchés de capitaux) et surtout l'amélioration de l'accès des PME au crédit. L'enjeu est de traduire en investissements concrets l'ambition du PND, qui prévoit près de 115 000 milliards FCFA d'investissements sur cinq ans, soit 175,3 milliards d'euros, dont plus de 70 % attendus du secteur privé. Dans ce schéma, IFC se positionne comme un catalyseur, capable de mobiliser des capitaux, structurer des projets et dérisquer des segments encore peu financés.
La visite de Makhtar Diop intervient dans le prolongement du lancement, fin janvier, de l'initiative " champions locaux " portée avec la Confédération Générale des Entreprises de Côte d'Ivoire, le patronat ivoirien. Ce programme cible un noyau d'entreprises ivoiriennes à fort potentiel, avec l'objectif de les préparer à absorber des financements plus importants et à changer d'échelle. En toile de fond, une conviction : la transformation économique passera par l'émergence d'acteurs domestiques capables de structurer des filières et de créer massivement des emplois.
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Avec plus de 2,7 milliards de dollars investis et mobilisés en cinq ans, IFC dispose déjà du portefeuille le plus important de l'Union économique et monétaire ouest-africaine dans le pays. Cette présence conforte son rôle dans la nouvelle séquence qui s'ouvre : accompagner un modèle de croissance davantage tiré par le privé, tout en sécurisant les équilibres macroéconomiques.
Au-delà des annonces, l'équation reste exigeante. Le PND table sur une croissance moyenne de 7,2 % par an et une hausse significative du taux d'investissement, dans un contexte international marqué par les tensions sur les financements et les chaînes de valeur. Dans ce cadre, la capacité à mobiliser efficacement les capitaux privés – locaux comme internationaux – et à faire émerger des champions nationaux crédibles constituera le véritable test de ce nouveau cycle de développement.
Publié le 23/03/26 09:38
Jean Mermoz Konandi
SN
CEMAC